Assurance chômage : entre ponctions financières et non revalorisation
Que l’État arrête de ponctionner les caisses de l’Unédic. Les comptes ne sont pas bons. Mais sans ces ponctions, à hauteur de 4,1 milliards d’euros en 2026, on pourrait être au moins à l’équilibre, on n’aurait pas à faire des réformes sur la base de lettres de cadrage du gouvernement tous les quatre matins et les demandeurs d’emploi pourraient être indemnisés à la hauteur de ce qu’il faudrait
, prévient Yanis Aubert, secrétaire confédéral FO chargé de l’emploi, relayant un cri d’alarme lancé le 17 juin par les organisations syndicales et patronales gestionnaires du régime.
Au total, du fait de moindres compensations d’exonérations, c’est pour l’Unédic un manque à gagner en termes de recettes de 12 milliards d’euros enregistré sur la période 2023-2026, le déficit du régime ne cesse ainsi de se creuser. Il atteindrait 2,3 milliards d’euros en 2026 selon les prévisions financières adoptées le 17 juin par l’Unédic. C’est une détérioration de 200 millions d’euros par rapport aux précédentes projections, établies en mars dernier.
Une dette de 61,5 milliards d’euros
Dans le cas de figure d’un arrêt de cette politique, l’Unédic prévoit un solde positif prévisionnel de 2,1 milliards d’euros en 2027 et de 4 milliards d’euros en 2028. Cela permettrait au régime d’entamer une trajectoire de désendettement dès 2027, alors que le montant de la dette atteindrait 61,5 milliards d’euros fin 2026.
Elle aurait été de 49,5 milliards d’euros en l’absence d’impact sur les recettes du fait des moindres compensations. L’Unédic doit s’endetter pour financer le déséquilibre, ce qui génère des intérêts conséquents qui grèvent encore plus les comptes du régime, au détriment de l’accompagnement des demandeurs d’emploi
, dénonce Yanis Aubert. Il est d’autant plus inquiet que le chômage repart à la hausse. Les lois de finances pour 2027, avec ce qu’elles pourraient prévoir, ne doivent pas avoir plus de conséquences pour les demandeurs d’emploi
, prévient-il, alors que le gouvernement est à la recherche de nouvelles économies. Cette situation fragilise en outre la capacité de l’Assurance chômage à servir d’amortisseur économique et social.
C’est dans ces conditions que le 30 juin, l’Unédic a annoncé l’absence de revalorisation des allocations chômage au 1er juillet. Une première en dix ans...
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